La dette

Cela fait des années qu’on en parle. 

Je pourrais citer Jacques Chirac, François Fillon, Bruno Le Maire et, bien sûr, François Bayrou. Par tous, le mot “dette” a été prononcé émoi.

Mais je préfère citer Louis XVI qui a vécu l’expérience jusqu’au bout ; jusqu’à l’échafaud. En 1788, il annonce, en effet : “L’État est en banqueroute ; il ne peut plus faire face à ses engagements.” 

L’État français fait alors partiellement défaut sur sa dette. Nous sommes à la veille de la Révolution française. 

La dette française représente-t-elle, aujourd’hui, un réel danger ? Ou n’est-ce qu’un épouvantail brandi par des hommes politiques en mal de popularité pour imposer leurs réformes ? 
C’est le sujet de cette édition.(Et on verra aussi comment protéger votre épargne).

La dette en chiffres
La dette publique dépasse 3 200 milliards d’euros. C’est l’équivalent de 115% du PIB du pays. 
Mais paradoxalement, le niveau de la dette n’est pas un problème à lui seul. Pour s’en convaincre, il suffit de voir qu’un pays comme le Japon a une dette ramenée au PIB bien supérieure.

Dette sur PIB d’une sélection de pays. 

Après tout, une dette, si elle ne coûte rien à financer, n’est pas un vrai fardeau. Ainsi les intérêts portant sur la dette japonaise sont de 1,5% alors même que l’inflation y est de 3,1%. En termes réels (net d’inflation) le coût de la dette japonaise est donc négatif. À ce prix-là, le Japon aurait tort de s’en priver. 

L’Allemagne et les Pays-Bas aussi empruntent à des taux bien inférieurs à ceux de la France. Notre cher pays est même devenu le vilain petit canard de l’Union Européenne. La France emprunte à un taux plus élevé que la Grèce et égal à celui de l’Italie.

C’est ce que montre ce graphique :

Évolution des taux d’emprunt d’une sélection de pays Européens. 

La france en rouge.

Comment les bons élèves s’y prennent-ils ? Ils ont certes une dette inférieure à celle de la France, mais surtout, ils ont un budget maîtrisé avec un déficit public inférieur au fameux 3%. Si le coût de leur dette venait à gonfler, ces pays pourraient facilement réduire leur besoin de financement sans bouleverser leur politique budgétaire. En empruntant moins, ils emprunteraient aussi moins cher. 

Mais pour la France les choses sont différentes. Avec un déficit de près de 6% du PIB, emprunter moins signifie faire d’énormes efforts budgétaires. Or le blocage politique que connaît la France rend impossible toute réforme d’envergure. 

Notre dette coûte cher et les intérêts payés chaque année représentent désormais 60 Mds €. C’est le premier budget de l’État, devant l’éducation nationale (hors pensions).

Le scenario noir
Le 12 septembre dernier, l’agence de notation Fitch a dégradé la note de la France de AA- à A+. Rappelons que les agences de notation sont censées mesurer le risque de défaut d’un État ou d’une entreprise. Leur note reflète ce risque. 
Cette dégradation signifie donc que l’agence y voit un risque accru en ce qui concerne la France. 
Mais quel est vraiment le risque ? 
La France a fait défaut pour la dernière fois en 1797. Depuis, le fonctionnement économique a beaucoup évolué. La Banque de France a notamment été créée sous l’impulsion de Napoléon, puis nationalisée en 1945.
Or, celle-ci a eu un rôle fondamental dans la stabilisation de l’économie française. 
Car la Banque de France pouvait intervenir pour acheter la dette du pays et ainsi la “monétiser” ; l’annuler dirait-on tout bonnement aujourd’hui. 
Dès lors, le risque de faillite n’a plus lieu d’être. La Banque de France devient le prêteur en dernier ressort. (Il faut toutefois noter que cela a d’autres conséquences : dévaluation et inflation). 
BCE : le nouveau paradigme
Avec l’euro, les règles changent. La Banque Centrale Européenne est indépendante et elle n’est pas censée monétiser la dette de certains pays de l’Union. Chaque pays perd donc son autonomie financière au profit de prix plus stables et d’une monnaie plus forte.
Mais pour jouer le jeu de l’euro, il faut être sérieux ; il faut être rigoureux. Il faut tenir ses comptes comme savent le faire les Allemands et les Hollandais. Les Français n’ont pas encore appris à le faire. 
Le scenario noir
Revenons-en au risque qui pèse sur la France et imaginons un instant que, gouvernement après gouvernement, la situation reste inchangée : 
les déficits augmentent ;par crainte, par exemple, d’une élection présidentielle qui amènerait au pouvoir un parti populiste les investisseurs s’écartent progressivement de la dette française ;donc les taux augmentent ;et donc la charge de la dette augmente (ie les intérêts qu’il faut rembourser tous les mois) ;donc le déficit augmente d’autant ;et donc il faut emprunter davantage alors que les investisseurs sont moins enclins à prêter !et donc les taux d’intérêt augmentent à nouveau !!etc. 
On voit bien quel cercle vicieux peut ainsi se mettre en marche. On voit bien, aussi, que ce cercle vicieux finit tôt ou tard par imploser ; c’est le défaut de paiement. 
Dans ce scénario, la BCE (et le FMI) finirait toutefois par intervenir avec “un plan de sauvetage” juste avant le défaut de paiement, comme ils l’ont fait pour la Grèce. 
Mais ce “plan” serait accompagné de réformes faites à la hache dont le cas Grecque laisse entrevoir la violence : baisse des salaires des fonctionnaires ; hausse des impôts ;allongement de l’âge de départ à la retraite ;réduction des pensions retraite ;réduction du salaire minimum.
Voilà un cocktail bien désagréable. 

Votre épargne est-elle en danger ?
Avant toute chose, j’aimerais indiquer que ce scénario noir n’est pas inéluctable. Nous ne sommes pas à l’abri d’un gouvernement responsable qui remettrait de l’ordre dans le budget de l’État.
Cela étant dit, il n’est jamais mauvais d’envisager le pire pour ne pas se retrouver sur la paille.
Alors voici quelques recommandations : Diversifiez. D’une manière ou d’une autre, l’État sera sans doute contraint à augmenter les impôts. Mais ce risque est propre à la France. Et, si l’impôt sur les sociétés est accru, les actions françaises peuvent être pénalisées. Investissez aussi dans des actions étrangères. Privilégiez les enveloppes fiscales exonérées d’impôts. Si les impôts augmentent, il est probable que l’assurance-vie et le PEA soient épargnés puisqu’ils sont aujourd’hui exonérés d’impôts.
Évitez les obligations françaises. En cas de forte poussée des taux souverains, le prix de ces obligations baisserait. Privilégiez plutôt les obligations d’entreprises européennes et mondiales, libellées en euros.
Notez que les actifs obligataires peuvent être de bons supports pour amortir les crises. Ils sont toutefois un peu plus complexes à appréhender que les actions. Si vous souhaitez en savoir plus, sachez que j’en parle en détail dans ma formation.

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Alibaba développe une puce d’IA pour aider la Chine à combler le vide laissé par Nvidia – WSJ

Par Raffaele Huang et Tracy Qu

SINGAPOUR – Les fabricants de puces et les développeurs d’intelligence artificielle (IA) chinois renforcent leur arsenal de technologies nationales, soutenus par un gouvernement déterminé à remporter la course à l’IA face aux Etats-Unis.

Le dernier exemple en date: la plus grande entreprise d’informatique dématérialisée (« cloud ») de Chine, Alibaba, a développé une nouvelle puce plus polyvalente que ses puces précédentes.

Alibaba a longtemps été l’un des plus gros clients du leader américain des puces d’IA, Nvidia. Aujourd’hui, la société et d’autres concepteurs de puces comblent le vide laissé après que Nvidia s’est heurté à des obstacles réglementaires pour la vente de ses produits en Chine.

Selon des spécialistes du secteur, la Chine est encore loin de pouvoir fabriquer des puces capables de rivaliser avec les produits américains les plus avancés, que Washington interdit à la Chine d’importer. Les usines chinoises sont entravées par les restrictions américaines sur l’accès aux technologies de pointe pour la fabrication de puces.

Néanmoins, des entreprises proposent des substituts à la puce H20 de Nvidia, le processeur d’IA le plus puissant que la société est autorisée à vendre en Chine. En juillet, le président Donald Trump a autorisé Nvidia à reprendre les exportations de puces H20 vers la Chine, mais peu de temps après, Pékin a demandé aux entreprises de ne pas acheter ces puces pour le moment, invoquant des risques de sécurité potentiels qui, selon Nvidia, n’existent pas.

En juillet, la société MetaX, basée à Shanghai, a lancé une nouvelle puce qui, selon elle, pourrait remplacer la H20. La puce dispose d’une mémoire plus importante que la H20, ce qui augmente sa puissance pour certaines tâches d’IA, bien qu’elle consomme plus d’électricité. MetaX a indiqué mercredi préparer la production en série de la puce.

Un autre concurrent potentiel de Nvidia, le concepteur de puces d’IA Cambricon Technologies, basé à Pékin, a connu un trimestre exceptionnel d’avril à juin, affichant un chiffre d’affaires de 247 millions de dollars grâce à de solides commandes pour sa puce d’IA Siyuan 590. Le cours de l’action de la société a augmenté si rapidement que celle-ci a averti les investisseurs jeudi de ne pas faire preuve d’un enthousiasme excessif. L’action a chuté de 6% vendredi, mais la capitalisation boursière de Cambricon dépasse toujours 87 milliards de dollars.

Alibaba, fondée par le pionnier de l’internet Jack Ma, est parfois comparée à Amazon.com, car son activité principale est l’e-commerce, mais une grande partie de ses revenus provient de l’activité plus discrète des services cloud, qui consiste à exécuter des applications et à stocker des données pour des clients sur des ordinateurs distants. Alibaba est en concurrence avec Amazon Web Services, Microsoft et Google pour les entreprises de solutions cloud, en particulier en Asie.

Les entreprises clientes demandent de plus en plus de services d’IA, et le directeur général d’Alibaba, Eddie Wu, a déclaré que « l’IA plus le cloud » est l’un des deux moteurs de croissance d’Alibaba, aux côtés de l’e-commerce. En février, Alibaba a annoncé prévoir d’investir au moins 53 milliards de dollars au cours des trois prochaines années dans ce domaine. La société possède également l’un des modèles d’IA les mieux notés au monde, appelé Qwen.

L’adoption rapide de l’IA dans l’ensemble de l’économie chinoise crée une forte demande pour l’inférence, c’est-à-dire lorsque les programmes d’IA exploitent leur entraînement pour fournir des résultats tels que les réponses d’un assistant vocal sur smartphone. L’inférence ne nécessite généralement pas les puces les plus avancées.

Les précédentes puces d’informatique en nuage développées par Alibaba étaient principalement conçues pour des applications spécifiques. La nouvelle puce, actuellement en phase de test, est destinée à un plus large éventail de tâches d’inférence d’IA, selon des personnes familières avec le sujet.

La puce est fabriquée par une entreprise chinoise, ont-elles précisé, contrairement à un précédent processeur d’IA d’Alibaba qui était fabriqué par Taiwan Semiconductor Manufacturing. Washington a empêché TSMC de fabriquer pour la Chine des puces d’IA utilisant des technologies de pointe.

L’un des défis pour Alibaba et d’autres acteurs locaux qui s’appuient sur les usines de puces chinoises est d’obtenir un approvisionnement suffisant. Ces usines, qui utilisent des machines étrangères plus anciennes et des équipements nationaux moins puissants, ont eu du mal à augmenter leur capacité.

MetaX, la startup de Shanghai, contourne les goulets d’étranglement en utilisant une technologie de génération antérieure pour fabriquer sa nouvelle puce, selon des personnes familières avec le produit. MetaX combine deux puces plus petites pour compenser la perte de performance.

Pékin a dépensé de manière plus agressive pour construire une chaîne d’approvisionnement en IA autosuffisante, notamment avec un fonds d’investissement dans l’IA de 8,4 milliards de dollars annoncé en janvier.

Le porte-drapeau de l’offensive de Pékin est Huawei Technologies et ses puces d’IA Ascend. Plus tôt cette année, Huawei a présenté un système informatique qui intègre 384 puces Ascend. Certains analystes ont estimé que la machine, bien que gourmande en énergie, était plus puissante sur certains indicateurs que le système haut de gamme de Nvidia contenant 72 puces Blackwell.

En combinant les puces, « nous pouvons atteindre des résultats de calcul comparables aux normes les plus avancées », et « il n’y a pas lieu de s’inquiéter du problème des puces », a déclaré le fondateur de Huawei, Ren Zhengfei, au principal journal du Parti communiste en juin.

Même en Chine, le statut privilégié de Huawei suscite quelques irritations. De nombreux ingénieurs sont habitués aux logiciels et aux outils qui accompagnent les puces de Nvidia. Huawei, soumise aux sanctions américaines, n’a pas conçu ses puces pour qu’elles fonctionnent avec la plateforme Nvidia, alors que la nouvelle puce d’Alibaba sera compatible avec celle-ci, ce qui signifie que les ingénieurs pourront réutiliser les programmes qu’ils ont écrits pour les puces Nvidia.

Les entreprises de services cloud du secteur privé, y compris Alibaba, se sont abstenues de passer des commandes en gros pour les puces de Huawei, résistant aux suggestions officielles selon lesquelles elles devraient aider le champion national, car elles considèrent Huawei comme un concurrent direct dans les services cloud, selon des personnes proches des entreprises.

La plus grande faiblesse de la Chine réside dans l’entraînement des modèles d’IA, pour lequel les entreprises américaines s’appuient sur les produits Nvidia les plus puissants. La nouvelle puce d’Alibaba est conçue pour l’inférence, et non pour l’entraînement, selon des personnes familières avec le sujet.

Des ingénieurs chinois se sont plaints que les puces de fabrication nationale, y compris celles de Huawei, rencontrent des problèmes lors de l’entraînement de l’IA, tels que la surchauffe et des pannes en cours d’entraînement. Huawei a refusé de commenter.

DeepSeek, une startup chinoise dont les modèles rivalisent avec ceux d’OpenAI, a récemment provoqué une hausse des marchés boursiers en Chine en suggérant dans un commentaire énigmatique sur les réseaux sociaux que ses innovations logicielles pourraient se combiner avec des puces de fabrication chinoise améliorées pour entraîner certains modèles d’IA.

Kevin Xu, fondateur de la société de gestion de fonds Interconnected Capital, spécialisée dans l’IA, a écrit sur un blog que de telles adaptations pourraient permettre aux développeurs d’IA chinois de réduire l’écart avec les Etats-Unis « plus tôt que la plupart des gens ne le pensent, défiant de manière crédible Nvidia et l’écosystème américain de l’IA, tant au niveau national qu’à l’étranger. »

Cet article a été traduit automatiquement de l’anglais vers le français par une technologie d’intelligence artificielle. La version anglaise doit être considérée comme la version officielle de cet article. Veuillez envoyer un courriel à service@dowjones.com si vous avez des commentaires sur cette traduction.

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