Sienna Gestion

https://www.sienna-gestion.com/tous-nos-fonds

Sienna Investment Managers est un gérant d’actifs pan-européen et multi-expertises de la société d’investissement cotée GBL. Combinant actifs cotés et privés, Sienna IM développe pour ses clients des solutions personnalisées et innovantes, pour donner du sens à leurs investissements.
Rappel:
  • Livret A : rémunéré 1,7% plafonné à 22.950 €
  • LEP : rémunéré 2,7% plafonné à 10.000 €

Solutions:

MH Epargne monétaire Part A

  • Fonds monétaire à valeur liquidative variable standard.
  • Horizon de placement + 1 mois.
  • Niveau de risque 1/7.

MH Epargne Obligations court terme solidaire Part A

  • Obligations et autres titres de créance libellés en euro.
  • Horizon de placement  + 2-3 ans.
  • Niveau de risque 2/7

MH Epargne Performance Absolue Défensif Part A

MH Epargne Diversifié Equilibre Solidaire Part A

MH Epargne Diversifié Offensif Part A

  • Sans classification.
  • Horizon de placement  > 5 ans.
  • Niveau de risque 4/7.

MH Epargne Actions Internationales Part A

MH Epargne Bas Carbone Part A

Et puis encore ceci:

https://www.amundietf.fr/fr/professionnels/produits/equity/amundi-pea-monde-msci-world-ucits-etf/fr001400u5q4

Amundi PEA Monde (MSCI World) UCITS ETF

Amundi PEA Monde (MSCI World) UCITS ETF Acc a pour objectif de répliquer au plus près, que la tendance soit à la hausse ou à la baisse, la performance de l’indice MSCI World (EUR) (l’« Indice ») libellé en Euros et à minimiser l’écart de suivi entre la valeur liquidative du compartiment et la performance de l’indice (« écart de suivi »). Le niveau anticipé de l’écart de suivi dans des conditions normales de marché est indiqué dans le prospectus. Pour plus d’informations, veuillez-vous reporter au prospectus du fonds ou au DIC.

Code ISINNomClasse d’actifsDevisePoidsSecteur
NL0000235190AIRBUS SEEQUITYEUR8,95%Industrie
NL0010273215ASML HOLDING NVEQUITYEUR8,07%Technologies de l’information
DK0062498333NOVO NORDISK A/S-BEQUITYDKK7,40%Santé
US88160R1014TESLA INCEQUITYUSD5,73%Biens de consommation cyclique
SE0005190238TELE2 AB-B SHS NEWEQUITYSEK4,42%Services de communication
NL0013654783PROSUS NVEQUITYEUR4,33%Biens de consommation cyclique
NL0011585146FERRARI NV MILANEQUITYEUR4,20%Biens de consommation cyclique
DE0007164600SAP SE / XETRAEQUITYEUR3,80%Technologies de l’information
US0231351067AMAZON.COM INCEQUITYUSD3,51%Biens de consommation cyclique
DE0005557508DEUTSCHE TELEKOM NAMEN (XETRA)EQUITYEUR3,49%Services de communication
DE0007236101SIEMENS AG-REGEQUITYEUR3,35%Industrie
US67066G1040NVIDIA CORPEQUITYUSD3,33%Technologies de l’information
NL0011794037KONINKLIJKE AHOLD DELHAIZEEQUITYEUR3,09%Biens de consommation non cyclique
DE0007037129RWE AGEQUITYEUR3,03%Services aux collectivités
NL0011821202ING GROEP NVEQUITYEUR2,74%Finance
DE0006231004INFINEON TECHNOLOGIES AGEQUITYEUR2,63%Technologies de l’information
PTGAL0AM0009GALP ENERGIA -BEQUITYEUR2,26%Énergie
DE0007030009RHEINMETALL ORDEQUITYEUR2,26%Industrie
FI4000552500SAMPO OYJ-A SHSEQUITYEUR2,24%Finance
FI4000297767NORDEA BANK ABPEQUITYEUR2,13%Finance
NL0014332678JDE PEET S NVEQUITYEUR2,02%Biens de consommation non cyclique
DE000A1EWWW0ADIDAS AGEQUITYEUR2,01%Biens de consommation cyclique
DK0060252690PANDORA A/S (DKK)EQUITYDKK1,58%Biens de consommation cyclique
NL0006294274EURONEXT NV PARISEQUITYEUR1,55%Finance
DE0005810055DEUTSCHE BOERSE AGEQUITYEUR1,27%Finance
NL0012059018EXOR NVEQUITYEUR1,14%Finance
NL0000360618SBM OFFSHORE NVEQUITYEUR1,07%Énergie
DK0010181759CARLSBERG AS-BEQUITYDKK0,99%Biens de consommation non cyclique
DE0008404005ALLIANZ SE-REGEQUITYEUR0,96%Finance
DE000SHL1006SIEMENS HEALTHINEERS AGEQUITYEUR0,89%Santé
US1924461023COGNIZANT TECH SOLUTION AEQUITYUSD0,75%Technologies de l’information
US69608A1088PALANTIR TECHNOLOGIES INC-AEQUITYUSD0,74%Technologies de l’information
AT0000652011ERSTE GROUP BANKEQUITYEUR0,63%Finance
DE0006602006GEA GROUP AG EX MG TECHNOLOGIEEQUITYEUR0,49%Industrie
NO0011202772VAR ENERGI ASAEQUITYNOK0,44%Énergie
NL0000334118ASM INTERNATIONAL NVEQUITYEUR0,43%Technologies de l’information
US0846707026BERKSHIRE HATHAWAY INC-CL BEQUITYUSD0,37%Finance
SE0009922164ESSITY AKTIEBOLAG – BEQUITYSEK0,34%Biens de consommation non cyclique
SE0021921269SAAB AB-BEQUITYSEK0,30%Industrie
PTBCP0AM0015BANCO COMERCIAL PORTUGUESEQUITYEUR0,30%Finance
NL0000395903WOLTERS KLUWEREQUITYEUR0,22%Industrie
BE0003739530UCB SAEQUITYEUR0,22%Santé
SE0000667891SANDVIK ABEQUITYSEK0,20%Industrie
SE0007100599SVENSKA HANDELSBKN SER AEQUITYSEK0,05%Finance
CASHEUR– 0,02%

Un forum de référence:

https://forum.finance-heros.fr

La justice a tranché : arriver en avance au boulot peut constituer un motif de licenciement pour faute grave

L’excès de zèle constituerait désormais un motif de renvoi, car cela contreviendrait aux règles établies par la hiérarchie. Après plusieurs mises en garde, une employée a été congédiée pour ce motif inhabituel.

Les retardataires chroniques ne seraient plus les seuls salariés sur la sellette, ceux qui pèchent par excès inverse s’avèrent à leur tour menacés. Le tribunal social d’Alicante a ainsi confirmé le licenciement sans indemnités d’une salariée qui se présentait systématiquement à son poste avec 30 à 40 minutes d’avance sur l’horaire théorique, rapporte le quotidien local Información .

Son employeur a d’abord tenté de la prévenir, avec une première mise en garde fin 2023. Elle a reçu plusieurs remarques à l’oral, avant que ces avertissements ne soient notifiés par écrit. Le message était clair : l’entreprise lui demandait d’arrêter de commencer ses journées avant 7h30. Elle n’a pas suivi la consigne, finissant par être licenciée pour faute grave. 

«Impact sur la relation de confiance»

Une décision surprenante sur le papier, que la société justifie par le manque d’activité de la collaboratrice le matin. En effet, comme son travail dépend de celui d’autres salariés, elle n’a pas de travaux à effectuer en leur absence, n’aidant pas l’entreprise. Cela ne s’arrête pas là : la concernée a aussi utilisé régulièrement, de «manière frauduleuse», sa signature électronique pour pointer à distance alors qu’elle était déjà partie depuis une poignée de minutes. Autant d’arguments qui ont conduit le juge à reconnaître que ce comportement portait préjudice à la société.

L’employée s’est défendue en avançant avoir une grande charge de travail, mais n’a pu en apporter la preuve. «La conduite de la travailleuse a eu un impact sur la relation de confiance et de loyauté, qui est considérablement affectée», a finalement estimé le tribunal. Et de conclure que les faits revêtent «la gravité et l’importance suffisantes pour constituer les fautes très graves de déloyauté, d’abus de confiance et de désobéissance, qui justifient l’extinction de la relation de travail».

Euro numérique : danger pour votre cash.

L'actualité financière européenne est déchirée entre deux forces antagonistes : d'un côté, la marche inexorable vers la numérisation des paiements, incarnée par le projet de la Banque Centrale Européenne (BCE) de créer un Euro Numérique (CBDC) d'ici 2029 ; de l'autre, la sanctuarisation constitutionnelle du droit au paiement en espèces par des pays membres comme la Slovénie, la Hongrie et la Slovaquie. L'adoption par le parlement slovène d'un amendement garantissant l'accès au cash est bien plus qu'une simple formalité ; elle est un vote de méfiance retentissant envers la numérisation totale des transactions. Alors que la BCE avance, le débat sur l'anonymat, le contrôle et l'inclusion financière est relancé de manière frontale.

I. L’Euro Numérique : entre souveraineté monétaire et peur du « contrôle Total »

Le projet d’Euro Numérique est présenté par la BCE comme une nécessité pour l’Europe afin de garantir la souveraineté monétaire en évitant la dépendance aux géants privés (Visa, Mastercard) ou aux monnaies numériques étrangères, tout en offrant une alternative publique, sûre et accessible à tous. Cependant, c’est précisément le fait que cette monnaie soit gérée par une autorité centrale qui alimente la critique, donnant un écho puissant à l’initiative slovène, portée par des citoyens craignant la « fin de la liberté ». Même si la BCE promet l’anonymat pour les petits paiements, l’idée d’une monnaie entièrement traçable et gérée par une institution publique est le principal point de friction. Pour les sceptiques, si l’Euro Numérique venait à être lié à des politiques publiques restrictives (comme des plafonds ou des dates d’expiration), il pourrait potentiellement devenir un outil de contrôle économique inédit. Cette inquiétude est exacerbée par la volonté de l’Union européenne de limiter les paiements en espèces à $10 000 € dans le cadre de la lutte contre le blanchiment d’argent. Pour les défenseurs du cash, cette mesure, couplée à l’arrivée d’une monnaie numérique, est perçue comme un double mouvement visant à marginaliser l’argent physique et à restreindre les libertés individuelles.

II. L’impératif du cash : Inclusion, résilience et confiance

L’initiative slovène rappelle aux législateurs pourquoi le cash reste un élément fondamental de l’économie. La capacité de payer en espèces est un impératif d’inclusion financière pour les populations non bancarisées ou celles victimes de la fracture numérique, le cash étant leur seul outil d’accès à l’économie. Il est également une question de résilience : en cas de panne électrique ou de crise majeure, les transactions numériques cessent, faisant du cash l’ultime « moyen de paiement de dernier recours ». Enfin, le maintien du droit au cash est lié à la confiance dans les institutions. Les récentes irrégularités dans la gestion du budget de l’UE (avec 6 milliards d’euros dépensés « illégalement » en 2024 selon la Cour des Comptes) alimentent la méfiance envers les mécanismes de contrôle centralisés, renforçant la demande d’autonomie financière via l’argent physique. Le droit constitutionnel n’a toutefois de sens que si l’accès physique est maintenu, alors que le réseau de distributeurs fond (baisse de 3,1% des automates en zone euro). Les solutions comme le retrait en magasin sans achat deviennent ainsi cruciales.

III. Un nouveau marché de l’emploi en finance : Les compétences de l’ère CBDC

Au-delà des débats philosophiques, la transition vers l’Euro Numérique et le renforcement des règles sur le cash transforment structurellement les opportunités de carrière et les rôles dans le secteur financier. Le projet de la BCE crée un marché pour des profils hautement spécialisés.

Le rôle des experts en Conformité (Compliance) et en Lutte Anti-Blanchiment (LAB/FT) est en pleine mutation. Ces équipes doivent désormais s’adapter aux nouveaux mécanismes de Privacy by Design de la CBDC, s’assurant que les garanties de confidentialité ne sont pas compromises, tout en respectant les exigences réglementaires. Une expertise en Droit Numérique et en régulations de l’UE devient une compétence clé. Parallèlement, le développement et la distribution de cette nouvelle monnaie exigent une infrastructure technologique robuste et ultra-sécurisée. C’est un gigantesque chantier de recrutement pour les Ingénieurs Blockchain/DLT et surtout les spécialistes en cybersécurité dont la mission est d’assurer l’intégrité et la résilience du système, car toute menace contre une monnaie centrale numérique pourrait avoir des conséquences systémiques. L’Euro numérique n’est donc pas seulement un enjeu monétaire, mais un puissant moteur de transformation des compétences dans les domaines du risque, de la conformité et des technologies financières.

L’initiative slovène a rappelé à la BCE que le succès de l’Euro Numérique ne se mesurera pas seulement à sa performance technologique, mais à sa capacité à coexister avec l’argent liquide, en respectant la liberté et la confiance des citoyens. L’Union européenne doit trouver un équilibre délicat : poursuivre la modernisation des paiements tout en garantissant des garde-fous solides autour de l’anonymat, de l’inclusion et de l’accès au cash. Pour les professionnels de la finance, ces évolutions sont une opportunité unique de spécialisation dans des domaines émergents tels que la Compliance numérique et la cybersécurité, prouvant que même la monnaie, dans sa forme la plus fondamentale, est désormais une affaire de technologie et d’éthique.

Pour la Chine, la France apparaît aujourd’hui comme un pays “has been” »

ENTRETIEN - Emmanuel Macron aborde sa visite en Chine, du 3 au 5 décembre 2025, sans aucune illusion sur sa capacité à faire fléchir Xi Jinping sur le plan économique, analyse le sinologue. Notre pays, seul, n’a en effet plus les moyens d’imposer un rapport de force avec Pékin, ajoute-t-il.
Emmanuel Lincot est professeur à l’Institut catholique de Paris et directeur de recherche à l’Iris.

Face à l’offensive chinoise sur les véhicules électriques et plus largement sur les technologies stratégiques, Emmanuel Macron va-t-il, lors de ce déplacement à Pékin et Chengdu, sonner le tocsin d’un réarmement commercial ?

Il y a une volonté de Bruxelles de mieux s’armer juridiquement face aux mesures de rétorsion chinoises, par exemple sur l’approvisionnement en terres rares. Mais les Chinois sont aujourd’hui en position de force dans presque tous les domaines. Une réponse globale et uniforme est vouée à l’échec, tant les rapports de force sont asymétriques. Il faut donc procéder au cas par cas et constituer des coalitions d’États membres par secteur.

Dans l’automobile, par exemple, la France et l’Allemagne ne partagent absolument pas la même optique. En revanche, sur l’intelligence artificielle ou d’autres technologies émergentes, une position commune pourrait émerger et servir de levier face à Pékin.

Peut-on imaginer une fermeture à terme du marché européen à la Chine, via des droits de douane massifs, par exemple ?

Je vois difficilement comment cela pourrait se produire. Les interdépendances sont trop fortes. Sans une stratégie européenne crédible d’approvisionnement alternatif en métaux critiques, et nous sommes très en retard, toute mesure protectionniste brutale serait contre-productive. Rappelons que la France était il y a trente ans quasiment en situation de monopole mondial sur le raffinage des terres rares. Nous avons fermé ces filières au nom de l’écologie et de la délocalisation… au profit de la Chine. Redémarrer aujourd’hui est extrêmement compliqué.

Emmanuel Macron ne se fait guère d’illusions sur ce voyage, qui s’inscrit dans la continuité de l’esprit de concorde, de la reconnaissance par de Gaulle en 1964 de la République populaire de Chine, et rend la politesse après la visite de Xi Jinping à Paris l’an dernier. À l’issue de cette visite, des contrats seront signés (dans l’agroalimentaire et peut-être l’aéronautique) et, dans le contexte de nos 3 000 milliards de dette publique, ce n’est pas négligeable. On pourrait aussi espérer obtenir enfin une réciprocité sur les transferts de technologie : après quarante ans où la Chine a largement bénéficié des nôtres, un juste retournement serait bienvenu. Mais les Chinois, en position de force, n’ont aucune raison objective de le faire.

La France a-t-elle les moyens d’infléchir la position chinoise et d’obtenir des garanties économiques ?

L’Europe est coincée entre l’« America First » et l’axe Pékin-Moscou. Seule, la France n’a aucun moyen d’infléchir la position chinoise. Il faudrait constituer des coalitions, y compris avec des partenaires extraeuropéens comme le Japon ou la Corée du Sud, notamment sur les questions de droit maritime en mer de Chine. Cela permettrait d’exercer une forme de coercition, pas par la force, nous n’en avons pas les moyens, mais diplomatique et économique, pour rappeler à Pékin que nous ne sommes pas totalement isolés.

Les défenseurs du libre-échange pur vous objecteront que cette logique va à l’encontre de l’ADN même de l’Union européenne…

On pouvait tenir ce discours dans un monde d’herbivores. Nous sommes aujourd’hui dans un monde de carnivores. Les circuits se ferment partout. Si nous ne nous protégeons pas, nous sommes condamnés. Le monde ouvert d’hier n’existe plus.

Aujourd’hui, nous nous faisons « laminer » parce que nous n’osons ni lever le ton ni investir massivement les moyens de notre politique. Emmanuel Macron entreprend ce voyage, qui sera sans doute le dernier pour lui en tant que chef d’État français en Chine, sans aucune illusion. Protocolairement, déjà, Xi Jinping n’avait consacré que deux jours à Paris l’an dernier, contre trois dans les Balkans (Serbie et Hongrie). Cela en dit long sur sa vision de notre pays. L’arme nucléaire, le siège permanent au Conseil de sécurité, le souvenir du général de Gaulle… Tout cela ne pèse plus très lourd face à une Chine qui impose ses normes et ses standards.

Paradoxalement, notre moindre industrialisation nous protège un peu. Nous échangeons moins avec la Chine que l’Allemagne, donc nous souffrons moins. Mais c’est une maigre consolation qui masque surtout quarante ou cinquante ans de démission.

Pendant ce temps, la Chine continue de livrer les pièces de drones à Moscou. Macron peut-il obtenir quelque chose sur le dossier ukrainien ?

Non. Cela fait trois ans qu’il croit pouvoir convaincre Xi Jinping grâce à une « relation spéciale », comme il l’a cru avec Poutine. C’est, à mon sens, une illusion psychologique. Xi Jinping comme Poutine sont des produits du stalinisme, de la même génération (nés respectivement en 1953 et en 1952, NDLR), nourris d’une haine viscérale de l’Occident. Ils ne comprennent que le rapport de force. Leur logiciel est le même.

La seule chose qu’on ait obtenue, il y a un an et demi, c’est le refus de recourir au nucléaire. D’accord, mais cela ne mettra pas fin au conflit. Ma lecture est plus cynique : Pékin a besoin de cette guerre. Elle fixe les Américains en Europe, éloigne la menace sur Taïwan, vassalise un peu plus la Russie vis-à-vis de Pékin et affaiblit l’Union européenne. Tout lui bénéficie. Il y a fort à parier que Xi Jinping écoutera poliment Macron, promettra de « réfléchir », mais rien en changera.

In fine, la Chine est-elle devenue le révélateur de notre déclassement ?

Exactement. Elle a toujours été un miroir pour l’Europe : fascination jésuite au XVIIIe siècle, fascination conservatrice aujourd’hui. Il y a quarante ans, c’était un pays misérable. Depuis, les Chinois ont travaillé, innové. On pourra arguer qu’ils ont été prédateurs, ont pillé des secrets industriels, c’est vrai. Mais ils ont surtout travaillé et innové. Ils ne proposent plus seulement de la copie, c’est fini. Désormais, nous avons affaire à une Chine qui invente, qui impose ses propres normes. Nous, pendant ce temps, vivions dans l’autosatisfaction en nous répétant : « Nous avons le plus beau pays du monde » (ce qui est vrai sur bien des plans), mais nous refusions de voir ce qui se préparait.

Pour Pékin, la France apparaît aujourd’hui comme un pays « has been », même si la Chine ne communiquera jamais officiellement de cette manière. En apparence, elle convoque les grandes mythologies franco-chinoises, de Gaulle, mais la réalité est qu’on l’intéresse de moins en moins. Notre expertise est encore reconnue en aéronautique, mais globalement l’empire du Milieu nous perçoit comme une nation archaïque, bordélique, inefficace politiquement et médiocre économiquement.