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La justice a tranché : arriver en avance au boulot peut constituer un motif de licenciement pour faute grave

L’excès de zèle constituerait désormais un motif de renvoi, car cela contreviendrait aux règles établies par la hiérarchie. Après plusieurs mises en garde, une employée a été congédiée pour ce motif inhabituel.

Les retardataires chroniques ne seraient plus les seuls salariés sur la sellette, ceux qui pèchent par excès inverse s’avèrent à leur tour menacés. Le tribunal social d’Alicante a ainsi confirmé le licenciement sans indemnités d’une salariée qui se présentait systématiquement à son poste avec 30 à 40 minutes d’avance sur l’horaire théorique, rapporte le quotidien local Información .

Son employeur a d’abord tenté de la prévenir, avec une première mise en garde fin 2023. Elle a reçu plusieurs remarques à l’oral, avant que ces avertissements ne soient notifiés par écrit. Le message était clair : l’entreprise lui demandait d’arrêter de commencer ses journées avant 7h30. Elle n’a pas suivi la consigne, finissant par être licenciée pour faute grave. 

«Impact sur la relation de confiance»

Une décision surprenante sur le papier, que la société justifie par le manque d’activité de la collaboratrice le matin. En effet, comme son travail dépend de celui d’autres salariés, elle n’a pas de travaux à effectuer en leur absence, n’aidant pas l’entreprise. Cela ne s’arrête pas là : la concernée a aussi utilisé régulièrement, de «manière frauduleuse», sa signature électronique pour pointer à distance alors qu’elle était déjà partie depuis une poignée de minutes. Autant d’arguments qui ont conduit le juge à reconnaître que ce comportement portait préjudice à la société.

L’employée s’est défendue en avançant avoir une grande charge de travail, mais n’a pu en apporter la preuve. «La conduite de la travailleuse a eu un impact sur la relation de confiance et de loyauté, qui est considérablement affectée», a finalement estimé le tribunal. Et de conclure que les faits revêtent «la gravité et l’importance suffisantes pour constituer les fautes très graves de déloyauté, d’abus de confiance et de désobéissance, qui justifient l’extinction de la relation de travail».

Agent d’entretien et de propreté des locaux

Au 1er trimestre 2025, 43% de ces offres à pourvoir étaient des offres en CDI.

Chaque année, l’enquête Besoins en Main-d’œuvre(BMO), réalisée par France Travail, sert de boussole aux politiques de l’emploi. En interrogeant près de 446 000 établissements sur leurs intentions d’embauche, cette vaste étude permet d’identifier les secteurs en tension et d’orienter les demandeurs d’emploi vers des formations adaptées aux besoins du marché.

Le podium de cette édition 2025 reflète un marché du travail en quête de proximité et de lien humain : aides de cuisine, auxiliaires de vie, aides-soignants, serveurs ou encore infirmiers figurent tous dans le top 10. Mais le métier de d’agent d’entretien et de propreté des locaux surpasse les autres professions avec plus de 66 920 intentions de recrutement. Elle est recherchée aussi bien par les structures publiques que privées, du tertiaire à l’industrie, en passant par les collectivités locales, les établissements de santé, les entreprises de nettoyage ou encore les immeubles de bureaux.

Accessible dès le CAP ou le BEP dans les domaines de l’hygiène, de la propreté et de l’environnement, ce métier requiert avant tout un solide savoir-être : autonomie, rigueur, discrétion, gestion des priorités, selon France Travail. Les missions sont variées mais convergent toujours vers un objectif commun : garantir un environnement propre, sain et accueillant. Cela passe par la désinfection, l’entretien des locaux, le dépoussiérage, le tri, la gestion des stocks de produits, la manipulation d’équipements spécifiques ou encore l’intervention en milieux sensibles.

Côté rémunération, la majorité des offres propose un salaire brut mensuel compris entre 1 802 et 1 885 euros, soit entre 1 406 et 1 470 euros nets. Ces emplois sont le plus souvent proposés en CDI (43%) ou en CDD de courte durée, en majorité en région Île-de-France, Nouvelle Aquitaine et Auvergne Rhône-Alpes (CDI et CDD confondus). Le poste peut également constituer un tremplin vers d’autres fonctions ou permettre une spécialisation dans des domaines tels que le nettoyage industriel et le bionettoyage, offrant une rémunération similaire à celle des agents d’entretien, ou la désinfection hospitalière où les salaires peuvent monter jusqu’à 1 610 euros nets par mois.